Etat des vulnérabilités et mesures d'adaptation à La Réunion

Rappel des prévisions pour la Réunion (à l’horizon 2100)
Etude de la vulnérabilité
Cadre régional pour l’adaptation au changement climatique
Inventaire des principales actions d'adaptation
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Nous vous présentons ici le résumé exécutif de l'étude de vulnérabilité de La Réunion face au changement climatique, commandée par Acclimate (COI).
Vous pouvez télécharger cette étude dans sa totalité en bas de cette page (PDF, 110 pages, 10.62 MB).
Cette étude commandée à Asconit-Pareto fin 2010 est une première à plus d'un titre. Elle permet de comparer la situation des pays membres de la COI vis à vis de la vulnérabilité et de l'adaptation. Elle permet aussi, sur ces questions, de poser les bases pour une vision partagée par les pays. D'autre part, elle a mobilisé une équipe mixte composée d’experts internationaux et d’experts nationaux qui, dans chaque pays, ont passé au crible de très nombreuses sources d’informations. Au final, l'étude permet non seulement de dresser un véritable « profil » adaptation de chacun des pays mais également d'ébaucher une stratégie régionale d’adaptation au changement climatique, ainsi que de contribuer à les faire émerger collectivement sur la scène des négociations internationales.
Rappel des prévisions pour la Réunion (à l’horizon 2100)
Météo France a réalisé en 2008 une étude prospective sur les évolutions des changements climatiques à la Réunion. Suite à une analyse des données historiques, et à partir des modèles climatiques globaux, les simulations pour le siècle à venir donnent les tendances suivantes :
- Précipitations : variations de - 2 à + 20 % de précipitations annuelles avec une augmentation plus importante dans la partie Nord de l’océan Indien (vers les Maldives). Au niveau de la Réunion : assèchement les mois d’hiver et événements extrêmes plus importants.
- Élévation du niveau de la mer : de 20 à 60 centimètres d’ici 2100.
- Vents : l’anticyclone des Mascareignes se renforcerait pendant l’hiver austral, ce qui devrait générer des alizés plus vigoureux, sans toutefois modifier l’orientation des vents.
- Cyclones : les relations entre activité cyclonique et réchauffement climatique sont très difficiles à établir. Il semblerait toutefois que l’on observe, dans le futur, une baisse du nombre de cyclones avec une augmentation des cyclones intenses et des précipitations associées.
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Etude de la vulnérabilité
Sécurité et souveraineté
La Réunion est une île au relief important et accidenté qui ne présente pas de vulnérabilité au changement climatique au regard de ses frontières et eaux territoriales. La situation est différente pour les îles Eparses qui dépendent du Territoire des TAAF, administration située à Saint Pierre, et pour lesquelles la question de la délimitation des eaux territoriales et la zone économique exclusive pourrait se poser si certaines d’entre elles, très proches du niveau de la mer, se retrouvaient à terme submergées.
Identité culturelle et éducation
L’ensemble de la population Réunionnaise a une culture très développée des risques naturels liés aux extrêmes climatiques, en particulier les cyclones et les fortes pluies. En revanche pour les autres aléas, la population anticipe encore peu et n‘adopte pas toujours les bons comportements. C’est le cas plus particulièrement pour les inondations, les mouvements de terrains et les submersions marines.
Santé publique
La question de la santé publique se pose en premier lieu vis-à-vis des maladies vectorielles. Le changement climatique aura un impact certain mais qui reste difficile à préciser à l’échelle de la Réunion. La gestion de ce risque devra reposer sur une implication forte des citoyens à travers la lutte contre les gîtes larvaires. Le principal facteur d’introduction d’un agent pathogène est le transport de voyageurs. Il s’agit donc d’un enjeu régional pour lequel les compétences doivent être coordonnées afin de faciliter une intervention précoce en cas de nouvelles contaminations.
Gestion intégrée des ressources en eau, cycle de l’eau
Les modèles climatiques prévoient une diminution des précipitations, en particulier lors de l’hiver austral. Bien que la Réunion bénéficie d’une ressource en eau bien supérieure à ses besoins, elle est répartie de manière très hétérogène. La Réunion fait déjà face, dans certaines parties de l’île, à des déficits chroniques graves ainsi qu’à des remontées d’eaux salines importantes. Ces phénomènes vont s’accentuer avec le changement climatique. Les principaux enjeux sont les modes de consommation, la qualité du réseau pour éviter les pertes et l’interconnexion des réseaux. Des prévisions climatiques à l’échelle du territoire, différenciant Est, Ouest et intérieur de l’île, permettraient de mieux anticiper l’avenir.
Agriculture, sécurité alimentaire et exploitation des forêts
La culture de la canne à sucre, principale production agricole, est peu vulnérable sur le long terme car il s’agit d’une plante très « plastique ». L’élevage est une autre activité importante mais dont l’enjeu économique comme sa vulnérabilité restent limités aujourd’hui. La situation pourrait évoluer si l’autonomie alimentaire devient un axe majeur de développement de l’île. Ce secteur pourrait ne plus pouvoir se reposer sur les importations de métropole ou de la Région en cas de crise. L’agriculture et l’élevage pourraient alors devenir un enjeu de sécurité alimentaire, ce qui aurait des conséquences sur l’aménagement du territoire, l’autonomie énergétique et la gestion de la ressource en eau.
Préservation de l’environnement et des milieux
Les récifs coralliens sont particulièrement vulnérables à l’augmentation de la température et à l’acidification des océans. Les enjeux sont multiples et concernent aussi bien la protection des plages, la préservation de la ressource halieutique que le tourisme. A l’échelle de l’océan Indien, les enjeux englobent aussi les espèces emblématiques, telles que les oiseaux, les grands cétacés et les tortues marines.
Pour le milieu terrestre, le principal enjeu sera la disparition des milieux les plus sensibles et des espèces associées, en particulier en haute altitude et à proximité du littoral. La question est de savoir dans quelle mesure les espèces seront capables de tolérer ou de s’adapter à une modification de leur habitat et à la prolifération des espèces invasives.
La capacité d’adaptation des espèces et des milieux dépendra fortement des réseaux d’aires protégées (marines ou terrestres) mis en place et de leur interconnexion, faisant appel à la notion de corridor écologique.
Pêche
La pêche traditionnelle devrait être particulièrement impactée car les espèces visées sont liées à la santé du récif. Même si cette activité reste économiquement limitée, son poids social est important. Concernant la pêche hauturière, il est très difficile de faire des pronostics. L’enjeu, limité aujourd’hui pour la Réunion, est majeur au niveau de la ZEE de certaines îles Eparses. La répartition comme l’abondance des grands pélagiques risquent de changer à long terme sans pour autant être prévisible.
Planification spatiale, aménagement et infrastructures, gestion du risque
Les risques naturels sont parmi les principaux enjeux vis-à-vis du changement climatique. Les inondations comme les mouvements de terrain ont déjà un impact fort sur le territoire et font l’objet de suivis, de plans de prévention et de secours. Leur fréquence risque d’augmenter avec le changement climatique. Pour les mouvements de terrain, ce sont les cirques qui ont les plus vulnérables alors que le risque d’inondation concerne plus le littoral et les ravines. Les phénomènes de submersion marine se renforceront à proximité du littoral. En arrière plan se dessine la question de la résistance des infrastructures. Face aux vagues de chaleur, c’est la problématique du confort des habitations qui sera posée. Et à une plus grande échelle, c’est la question de l’aménagement du territoire et de l’organisation des villes qui est en jeu.
Energie (production, transfert et distribution)
La production d’électricité repose sur un mixte d’infrastructures mêlant thermique, hydraulique et énergies renouvelables : la ressource la plus exposée étant l’hydraulique. Les principaux enjeux restent la capacité de l’île à maîtriser la demande et la vulnérabilité, face aux cyclones intenses, du réseau de distribution qui est entièrement aérien.
Transports
Les transports maritimes constituent la principale porte d’entrée des importations. Ce secteur est peu vulnérable sauf lors d’événements cycloniques intenses entraînant un blocage temporaire. La vulnérabilité est encore plus limitée pour le transport aérien avec deux aéroports et un enjeu centré sur les voyageurs. Le secteur le plus vulnérable reste le transport routier au cœur de l’activité économique de l’île, toutes marchandises confondues. Il est exposé aux cyclones et événements de fortes pluies bloquant le passage des radiers et déclenchant des mouvements de terrain. Bien que de nouvelles infrastructures se développent, les zones des Hauts et les cirques restent particulièrement vulnérables.
Industrie, commerces et services
La principale industrie de la Réunion est l’agro alimentaire. La production d’eau en bouteille est la filière locale la plus importante à ce jour car prioritaire pour la santé humaine lors des épisodes de fortes pluies. Même si l’ensemble des denrées alimentaires produites localement pourrait être substituées par les importations, il faut garder à l’esprit que cette situation risque de changer avec la volonté politique d’autonomie alimentaire et un coût croissant des transports et donc des importations.
Tourisme
Le tourisme reste majoritairement affinitaire et ne concerne l’agrément que pour un tiers des arrivants. L’Ouest avec ses plages et son récif frangeant constitue de très loin la principale zone d’accueil et d’attrait. Une dégradation du récif pourrait avoir un impact négatif. Mais aujourd’hui c’est la forte vulnérabilité aux épidémies comme le chikungunya qui est la plus préoccupante pour la fréquentation touristiques de l’île.
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Cadre régional pour l’adaptation au changement climatique
Le plan national d’adaptation au changement climatique adopté par la France suite au Grenelle de l'Environnement doit être décliné au niveau local au moyen des Schémas Régionaux du Climat, de l’Air et de l’Energie (SRCAE) et des Plans Climat Territoriaux (PCT). Ce processus, qui s’applique aux régions, départements et toutes les collectivités de plus de 50 000 habitants, a débuté à la Réunion.
dans l'intervale, le principal document d’orientation est le Schéma d’Aménagement Régional (SAR). L’intégration du changement climatique est un des objectifs du SAR : « sécuriser le fonctionnement du territoire en anticipant les changements climatiques ». Le SAR reste cependant sur une déclaration de principe soulignant que l’aménagement du territoire doit se faire sans accroître les risques, et ne propose pas de mesures précises et contraignantes.
Il met l’accent sur l’enjeu de l’adaptation au changement climatique notamment par une amélioration de la gestion du risque inondation (améliorer la connaissance et l’information sur les risques dans les projets d’aménagement). L’objectif est d’anticiper les changements climatiques pour réduire l’exposition des populations aux risques naturels en privilégiant un principe de gestion préventive des risques.
Les DOM TOM, de par leur climat et leur caractère insulaire, sont particulièrement concernés par le changement climatique. Lors de l’élaboration du Plan National d’Adaptation, la DIREN Réunion (nouvellement DEAL) avait organisé une consultation régionale et formulé des recommandations.
Les résultats de la synthèse sur les thèmes transversaux (eau, biodiversité, risques naturels, santé) et sectoriels (agriculture-pêche-forêt, urbanisme et cadre bâti, tourisme, infrastructures de transports et de déplacements) sont présentés ci-dessous :
Thèmes transversaux :
Eau :
Renforcer les connaissances des milieux et des dynamiques hydrologiques
Promouvoir la récupération des eaux pluviales
Utiliser la tarification pour promouvoir les économies d’eau à la Réunion.
Biodiversité :
Faire de la Réserve Naturelle Marine de la Réunion une sentinelle du changement climatique
Adapter les actions de lutte contre les espèces envahissantes
Risques naturels :
Porter une attention particulière sur les risques littoraux et pluviométrie
Santé : aucune remarque spécifique à la Réunion n’a été formulée
Thèmes sectoriels :
Agriculture, pêche et forêt :
Mieux valoriser l’agriculture périurbaine
Renforcer le système de prévention d’un risque d’incendie accru pour les forêts
Améliorer la protection des forêts vis-à-vis des risques naturels (inclus recul du trait de côte littoral)
Pêche :
Développer un suivi scientifique de l’impact du changement climatique sur la pêche et l’aquaculture
Limiter la pression qui existe déjà sur les ressources halieutiques
Urbanisme et cadre bâti :
Densifier les pôles urbains sur le littoral et mise en réseau par des systèmes de transports performants ; hausse globale des températures, révision progressive des référentiels techniques, normes de constructions (Case à DD, RTA DOM, etc.)
Préférer l’usage de matériaux locaux adaptés au climat (recherche)
Energie :
Diminuer la dépense énergétique en maîtrisant mieux la demande (confort thermique et limitation de l’usage de la climatisation)/RTA DOM
Tourisme :
Mettre en place des mesures d’adaptation pour les aménagements : plans de retrait face à la montée des eaux
Transports et déplacements :
Evaluer l’efficacité des ouvrages de protection artificiels car l’île est particulièrement concernée par la protection du littoral et des infrastructures de transports.
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Inventaire des principales actions d'adaptation
Mécanismes de surveillance
Climat
En cas de fortes pluies, d’orages, vents forts ou forte houles, Météo France diffuse des bulletins de vigilance. Ces bulletins donnent des conseils sur les comportements et précautions à adopter et informent la population sur l’occurrence éventuelle de phénomènes climatiques dangereux (tempête tropicale, cyclone).
Quand une perturbation cyclonique approche de la Réunion, Météo France diffuse des bulletins météo toutes les trois heures. Différents niveaux d’alerte se succèdent, assortis de consignes aux populations.
Le Centre des cyclones tropicaux de la Réunion surveille en permanence l’activité cyclonique de la région. Pour faire face au risque cyclonique, un plan de secours spécialisé CYCLONE a été mis en place par la Préfecture (le dernier plan date de 2008).
En termes de prospectives, Météo France a produit en 2009 un rapport sur l’évolution du climat de la Réunion en perspective des changements climatiques au cours de ce siècle.
Ressource en eau
L’Office de l’Eau Réunion est responsable de la gestion et du suivi de la ressource en eau selon un plan d’intervention quinquennal qui découle du SDAGE (Schéma Directeur d’aménagement et de Gestion des Eaux). Les données sur l’eau alimentent une base de données nationale et font l’objet de rapports et bilans annuels.
Lorsque l’île connaît des épisodes de sécheresse, un comité sécheresse est organisé par la préfecture. Ce comité, qui intègre des organismes comme l’Office de l’Eau (OLE), a pour rôle de fournir un avis technique à la préfecture qui prendra les arrêtés nécessaires et définira les mesures à mettre en œuvre pour préserver la ressource en eau.
Vigilance épidémiologique
La CIRE (Cellule de l’InVS en Région) Océan Indien assure la veille sanitaire au niveau régional (Réunion et Mayotte). Suite à l’épidémie de chikungunya en 2005-2006, L’InVS a mis en place un système de surveillance de la dengue et du chikungunya. Des bulletins de veille sanitaire sont régulièrement élaborés pour informer les autorités et le grand public.
La CIRE coordonne également la lutte anti vectorielle à la Réunion et à Mayotte.
Risques naturels
L’un des enjeux les plus importants vis à vis du changement climatique est probablement l’émergence d’événements extrêmes plus intenses, comme ce fut le cas en France lors de la tempête Xynthia. Les risques naturels font partie de la culture et de l’histoire de la Réunion.
Il s’agit de phénomènes dont l’impact est déjà très important à la Réunion et pour lesquels l’évolution du climat ne sera qu’un facteur aggravant. Ils sont pris en compte au niveau des communes, au moyen de Plans de Prévention des Risques (PPR). Ces PPR concernent les risques d’inondations et de mouvements de terrain. Ils sont intégrés dans les documents d’urbanisme (PLU).
Fin 2010, dix communes disposaient d’un « PPR inondations » approuvé. Cinq communes n’ont pas de « PPR inondations » prescrit. Quatre communes étaient dotées de Plans de Prévention des Risques « Mouvement de Terrain » (PPRmvt) approuvés (St Denis, Salazie, Saint-Joseph et l’Entre-Deux). 13 communes n’ont pas de PPRmvt prescrit.
Le BRGM développe un programme sur la connaissance des mouvements de terrain de grande ampleur (programme MVTERRE 2 (2008-2013)). Ce programme vise à :
• Mettre en place des dispositifs de suivi de l’évolution des principales zones affectées par les mouvements de terrain de grande ampleur ;
• Affiner les connaissances sur les facteurs responsables des grands mouvements de terrain et préciser les types d’évolution des principaux cas affectant les zones étudiées ;
• Elaborer des modèles de simulation des mouvements de terrain
Le BRGM gère également une base de données sur les mouvements de terrains. Il travaille aussi sur un programme d’identification et de caractérisation des formations altéritiques à la Réunion, destiné à comprendre les mécanismes de ces couches géologiques particulières et leur adaptabilité à d'éventuelles constructions (ces zones étant actuellement classées inconstructibles dans les PPR Mouvement de terrain).
A l’échelle régionale, la Réunion sera dotée, d’ici 2015, d’un Schéma de Prévention des Risques Naturels (SPRN). Ce document d’orientation quinquennal constituera un document de référence sur le plan réglementaire. Il intègrera un diagnostic global de l’exposition aux risques de la Réunion et il définira un programme d’actions.
L’Etat, la Région et l’Europe mettent en place un nouveau dispositif de Gestion du Risque Inondation à la Réunion. Ceci, notamment pour mieux intégrer la directive européenne « inondation ». Une procédure de Plan de Gestion du Risque Inondation (PGRI) a ainsi été lancée sur des bassins versants à enjeux, identifiés comme prioritaires. Cette initiative se déclinera ensuite en Programmes d’actions de Prévention des Inondations, au niveau local.
Ces programmes s’organisent autour des 4 piliers que sont :
• L’information préventive (repères de crues, campagne d’information…) ;
• La prévention (protection des équipements vulnérables, acquisition de terrains pour l’expansion des crues…) ;
• La prévision (extension du réseau de mesures, renforcement du dispositif d’alerte…) ;
• La protection (améliorer la gestion des eaux pluviales, construire des ouvrages de protection des lieux habités…)
Actions d'adaptation au niveau local
La Réunion est dans le processus d’élaboration de sa stratégie d’adaptation au changement climatique, déclinaison de la politique nationale. L’Etat étant le principal intervenant dans ce secteur, les actions d’adaptations à proprement parler sont encore rares et ne se développeront réellement qu’une fois les grandes orientations définies. C’est une différence majeure par rapport à d’autres pays de la Région où la présence très forte des bailleurs de fonds internationaux et des ONG donne lieu à des initiatives de terrain bien plus nombreuses.
Nous avons cependant retenu quelques projets, sans être exhaustifs. La plupart n’ont pas été conçu comme des projets d’adaptation mais peuvent aussi, a posteriori, être considérés comme tels :
La réserve marine de la Réunion
La réserve marine est une aire protégée créée en 2007. Elle fait partie du réseau des aires marines de la Commission de l’Océan Indien (COI), qui a été mis en place pour faire face aux pressions humaines et aux effets négatifs du changement climatique. Grâce au réseau d’aires marines protégées (AMP), la COI espère conserver des habitats représentatifs de l’éco-région marine de l’océan Indien occidental et suivre les évolutions et impacts du changement climatique sur ces écosystèmes.
Nouvelle route du littoral
Coincée entre falaise et mer, la route du littoral est soumise à des risques liés aux aléas climatiques (éboulements et forte houle). La nouvelle route du littoral, qui sera construite sur la mer (viaduc et remblai) devrait permettre de sécuriser la circulation et d’éviter les perturbations actuellement rencontrées lors des forts épisodes pluvieux, à savoir le basculement de la circulation sur trois, voire deux voies côté mer pour éviter les risques d’éboulements. La nouvelle route du littoral sera construite à 50 mètres du bord de la falaise afin de prendre en compte l’ampleur d’un éboulement majeur. Il s’agit d’un des premiers projets d’infrastructure de la Réunion à prendre en considération l’impact de l’évolution probable du niveau de la mer. Une surcôte d’un mètre est ainsi prévue pour faire face au risque de submersion littorale. Ce projet inscrit dans la dernière version du SAR.
Transfert des Eaux Est Ouest
Le projet d'irrigation du littoral Ouest a pour objectif de pallier partiellement le déficit de la ressource en eau sur les versants Ouest de l’île. La côte Ouest de l'île est caractérisée par une pluviométrie réduite et des ressources locales en eau limitées, alors que les besoins de l'agriculture sont considérables. Les eaux captées proviennent des cirques de Salazie et Mafate avec pour objectifs principaux : l’irrigation d’environ 7000 hectares de canne à sucre soit un besoin annuel de 71 millions de m3 pour une année moyenne et le renforcement des ressources en eau potable et industrielle, pour un volume de 17 millions de m3 d'eau par an.
Le projet doit permettre également de renforcer les débits de la Rivière des Galets sur son cours aval, et favoriser ainsi la réalimentation du système aquifère de la Plaine des Galets, actuellement exploité à son maximum et très vulnérable aux remontées salines.
Revégétalisation sur le littoral Ouest
L’Office National des Forêts (ONF) avec Kélonia s’est lancé dans un projet de revégétalisation de 10 hectares de forêts littorales. L’objectif est la restauration écologique de ces terrains situés sur la commune d'Etang Salé. Le fait de remplacer les pestes végétales par des espèces indigènes endémiques pourrait être favorable au retour des tortues sur ces anciens sites de pontes. Ce programme, au-delà de l’aspect réhabilitation pour les tortues, permet aussi de lutter contre l’érosion.
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