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  • Superficie : 2040 km²
  • Population : 1 275 000 habitants
  • Densité démographique : 625 habitants km²
  • Indice de développement humain (sur 182) : 81 (PNUD 2007)
  • Principaux secteurs économiques : sucre, textile, tourisme, services financiers
Accueil>Maurice>Risques et vulnérabilités>Ressources>Productions Acclimate>Rapport
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Etat des vulnérabilités et mesures d'adaptation à Maurice

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30-09-2011
Les pays de la Commission de l'Océan Indien sont diversement exposés au changement climatique, selon leur géographie, leur niveau de développement et leurs secteurs d’activité. La COI/Acclimate a commandé une étude pour faire un point des vulnérabilités spécifiques et partagées, et esquisser les grandes lignes d’une stratégie régionale d'adaptation.

Cette étude de 110 pages, dont une synthèse exécutive est présentée ci-dessous, peut être téléchargée dans sa totalité en bas de cette page (PDF, 9.31 MB). Vous y trouverez également la synthèse exécutive du rapport sur l'Environnement à Maurice publié par le gouvernement mauricien en 2011.
Cliquez ici pour accéder à la 1e Communication Nationale de Maurice à la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique (UNFCCC).


Originales à plus d'un titre, les études des vulnérabilités des pays de la COI au changement climatique, ont été commandées à Asconit-Pareto fin 2010.

Tout d'abord, leur travail d'analyse qualitatif et de synthèse est complémentaire de celui commandé en octobre 2009 à l'ETCCDI sur les tendances climatiques régionales et qui avait été mené par des météorologues des pays de la COI (réf. commande ETCCDI-COI).

Ensuite, la démarche de base est similaire. Dans le cas de l’étude Asconit-Pareto :

  •   Elle mixe dans la mise en œuvre l'expertise internationale et nationale ;
  • Le team d’experts analyse d'autres expériences dans d'autres régions pour co construire une méthodologie d'étude des vulnérabilités et des impacts du changement climatique, adaptée aux pays de la COI. 12 secteurs prioritaires ont ainsi été identifiés ;
  • La méthode est appliquée de la même manière à chacun des pays membres, rendant chaque étude nationale comparable avec les 4 autres.
  • Les études nationales résultent d'un processus relativement participatif, compte tenu d'un créneau de 6 semaines pour la phase d'analyse "pays".


Ce faisant, les études ETCCDI et Asconit-Pareto permettent de dresser un véritable « profil » des tendances climatiques, de l’adaptation et de la vulnérabilité, dans chacun des pays membres de la COI. Elles permettent également d'identifier sur quels points ces pays peuvent partager une vision commune pour la région.

Cette vision est clairement un préalable à l'ébauche d'une stratégie régionale COI d’adaptation au changement climatique ainsi qu'à l’émergence de la COI en tant que région distincte des autres sur la scène des négociations internationales sur le climat.

Etudes ETCCDI et Etudes Asconit-Pareto, comme bientôt les Etudes Météo-France (3 études de faisabilité), sont en ce sens des ETUDES FONDATRICES. Elles créent un référentiel sur une situation partagée, qui est dans un premier temps un préalable à l'ébauche d'une stratégie régionale COI d’adaptation au changement climatique mais également à l’émergence de la COI en tant que région distincte des autres sur la scène des négociations internationales sur le climat.



Sommaire de l'étude Maurice
Contexte
Etat des lieux de la vulnérabilité
Etat des lieux des mesures d’adaptation


CONTEXTE

Géographie
La République de Maurice comprend l'île principale, Maurice, les îles de Rodrigues, l’archipel de Cargados Carajos (connu sous le nom de St Brandon), Agalega, Tromelin et l'archipel des Chagos, qui comprend l'atoll de Diego Garcia. L’île de Tromelin est sous administration conjointe franco-mauricienne.
1 265 000 habitants sont installés sur une superficie totale d'environ 2 040 km² ; l’île Maurice occupant environ 1 865 km² du territoire.
Après que les Nations unies aient approuvé la demande du gouvernement de Maurice d’élargir ses eaux territoriales, la superficie de la Zone Economique Exclusive (ZEE) est passée de 1,9 à 2,39 millions de km² ; soit une superficie équivalente à un tiers de l’Europe !

Climat
Le climat maritime subtropical de Maurice est caractérisé par un été chaud et humide de novembre à avril et un hiver relativement frais et sec de juin à septembre. Les mois de septembre, octobre et mai sont les mois de transition entre les saisons.
De 1950 à nos jours, la température a augmenté de 1,1°C pour les températures maximales (moyenne) et de 2°C en ce qui concerne les températures minimales. La même tendance est observée dans toutes les stations extérieures à l’Île Maurice, telles que Rodrigues, St Brandon et Agalega. Les températures estivales suivent aussi une courbe ascendante.
Bien que le nombre global de cyclones n'ait pas augmenté, il semble y avoir une tendance à plus de cyclones intenses que de cyclones modérés. Entre 1930 et aujourd’hui, la pluviosité a diminué d’environ 12 % en moyenne.

Littoral
Maurice a un littoral de 322 km. Les récifs coralliens s’étirent sur 150 km et entourent un lagon de 243 km². Ils couvrent une surface d'environ 300 km². Le littoral possède une géomorphologie variée, dominée par des plages de sable et des écosystèmes fragiles (récifs, mangroves côtières). Les aires marines protégées représentent 7 216 ha. La zone côtière est clairement l'un des atouts naturels de la République, qui fournit des biens et des services dont dépend le développement socio-économique du pays.
Le niveau de la mer a augmenté en moyenne de 7.8 cm à Port-Louis et de 6.7 cm à Rodrigues entre 1950 et 2001 et de 3.2 cm à Port Louis pour la période 1988-2007. Pour compléter le dispositif, des marégraphes ont été installés à Rodrigues, Blue-Bay (dans le sud-est de l'île Maurice) et à Agalega.

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ETAT DES LIEUX DE LA VULNERABILITE
Tous les secteurs sont largement vulnérables au changement climatique. La hausse des températures, le manque d’eau d’irrigation pendant les mois à faible pluviosité et les épisodes d’inondations qui deviennent plus fréquents et menaçants, ont un impact direct sur ces secteurs. 

Agriculture
L’agriculture occupe plus de la moitié de la superficie de l'île et la culture de la canne à sucre occupe la majeure partie des terres agricoles. L’exportation des produits issus de la canne permet d’importer tous les aliments qui ne peuvent pas être produits localement. D’après les données recueillies par l’Agricultural Research Extension Unit (AREU) et le ministère de L’Agro-industrie, les productions végétales et animales sont durement touchées par la hausse de la température et la diminution des précipitations. Seule la filière cannière semble en mesure de faire face à ces nouveaux défis par la possibilité de créer de nouvelles variétés adaptées.

Aménagement et infrastructures
La zone côtière est naturellement la plus exposée aux risques naturels en lien avec le changement climatique, qu’ils s’agissent de cyclones ou de fortes houles. Les phénomènes extrêmes sont rares mais ont déjà été expérimentés. Leur fréquence ou intensité pourrait augmenter, avec des risques pour les habitations et les hôtels, et les aménagements vitaux pour la vie économique de l’Île comme le port ou les routes. Le secteur du bâtiment est également questionnable, avec une augmentation de la chaleur ou de la violence des vents cycloniques.
Au cours des deux dernières décennies, l'érosion des plages est devenue forte avec une importante perte d’espace et des dommages causés aux infrastructures. De 2000 à 2010, la perte est équivalente à ~18 500 m², soit une moins value estimée à Rs 1,2 millions par an, sans même retenir la perte de valeur des écosystèmes. Agalega et St Brandon qui sont situées juste au dessus du niveau de la mer sont partiellement submergées pendant les cyclones.

Eau
Directement liée avec le secteur de la santé, dans un pays où toute la population a accès aujourd’hui à l’eau potable et à un système d’assainissement, la gestion des ressources en eau est au cœur de nombreuses inquiétudes, qu’il s’agisse d’eau de boisson ou de celle destinée à l’agriculture ou d’industrie. La gestion de cette ressource est en effet déjà problématique à certaines périodes de l’année, ce qui laisse entrevoir les conséquences d’une diminution plus importante de la ressource disponible. A cet égard, des mesures ont déjà été prises, comme l’obligation de dessalement pour les grands hôtels.

Education
C’est une des principales préoccupations du gouvernement mauricien. Bien qu’un effort doive être fait pour cibler la sensibilisation sur les impacts probables du changement climatique, le cadre existe déjà au travers d’une approche « gestion des risques » : un programme en lien avec les risques naturels est déjà inscrit au programme national.
 
Energie
Pour ce qui est de l’énergie, Maurice reste aujourd’hui largement dépendante des importations de carburants fossiles. Bien que s’amorce une dynamique de développement des énergies renouvelables, il est à craindre que le changement climatique n’ait des conséquences indirectes sur le prix du transport et des carburants. 

Forêts
La forêt occupe environ 47 000 ha (~0,20% de Maurice) et son domaine ne cesse de se réduire, faisant de sa conservation (et de la conservation de la biodiversité forestière) un défi majeur. Elle est, de surcroît, menacée par une augmentation des événements extrêmes qui les déciment et déciment plus généralement les habitats naturels. Les autres défis pour la forêt sont les feux qui augmentent en fréquence avec la hausse de température.

Industries et commerce
Concernant les industries et le commerce, ce sont principalement le tourisme et la filière sucrière qui sont les piliers de l’activité économique mauricienne. La canne à sucre semble relativement peu vulnérable alors que le secteur touristique est bien plus exposé.

Pêche
Un des piliers économiques de l'île Maurice. Les données disponibles pourraient servir à prévoir les futurs effets du changement, et pour réfléchir à des éventuelles mesures d’adaptation et d'atténuation. Le milieu hauturier abrite de nombreuses espèces emblématiques (mammifères marins dont cachalots et baleines à bosse en hiver austral, tortues, oiseaux marins) ou commercialement importantes (thons, espadons, poissons démersaux).C’est également une zone de nourrissage pour de nombreux oiseaux marins.

Récifs
Les récifs coralliens éloignés comprennent le banc d’Agelaga (28 km² de récif), les bancs des Cargados Carajos (105 km² de récif, hors lagon). Les zones à enjeux pour les récifs coralliens et la biodiversité qu’elles abritent représentent également une biomasse importante en poissons récifaux et elles sont des zones importantes pour les tortues, les prédateurs de haut rang trophiques, et les oiseaux.
Sur les sites éloignés, où les pressions anthropiques se résument à la pratique de la pêche, les mesures pour augmenter l’adaptation des récifs au changement climatique se restreignent à un contrôle et à une réglementation de la pêche pour ne pas déséquilibrer les peuplements ichtyologiques (notamment le ratio des herbivores). Ce déséquilibre peut augmenter les effets du changement climatique (notamment le blanchissement et l’acidification) en favorisant par exemple les algues dans la compétition algue/corail.

Santé
Elle est au cœur des préoccupations. Bien que les connaissances soient insuffisantes pour établir des liens précis entre la santé et le changement climatique (voir à ce sujet les conclusions du séminaire COI/Acclimate sur le climat et la santé), les impacts attendus sont nombreux. Les risques liés aux maladies vectorielles représentent un enjeu régional du fait des liaisons aériennes fréquentes entre les îles de l’océan Indien. A cela s’ajoutent de nombreuses craintes comme la recrudescence des maladies diarrhéiques, respiratoires et cardiovasculaires, ainsi que des vagues de chaleurs dont l’impact très limité pourrait évoluer significativement.

Souveraineté
Aucun enjeu de modification majeur des frontières ou de déplacement associé de populations n’a (encore) été évoqué. Les côtes sont déjà menacées par des vagues dévastatrices et la montée des eaux, qui pollue les nappes phréatiques côtières. L’éventuelle modification de la ZEE reste toutefois en suspend si, à long terme, certaines terres proches du niveau de la mer se retrouvaient immergées.

Tourisme
Le tourisme est un autre pilier de l’économie mauricienne, avec un afflux de près de 1million de touristes annuellement, qui a par exemple généré un revenu de Rs 35 693 M en 2009. Ce revenu augmente d’année en année mais risque de subir les impacts négatifs du changement climatique. Ces impacts seront les résultats de la hausse de température, la montée des eaux, l’érosion côtière, et la dégradation des coraux.

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ETAT DES LIEUX DES MESURES D’ADAPTATION
La structure de l'économie de l'île Maurice est en pleine mutation et les industries du sucre, un pilier du développement depuis l'époque coloniale, et du textile, ont dû s'adapter aux nouvelles réalités. La superficie sous culture de la canne est réduite, avec des terres converties pour les besoins du tourisme et à d'autres fins agricoles. Les producteurs se tournent vers d’autres activités, telles que la production d'électricité à partir de la bagasse (résidus de canne à sucre) ou la production d'éthanol.

La science du changement climatique est suivie par le Service Météorologique de Maurice (MMS). L’adaptation au changement climatique et l’élaboration d’une stratégie nationale sont la responsabilité du Ministère de l’Environnement et du Développement durable (MoESD). Une unité formelle (Climate Change Division, CCD) a été créée au sein de ce ministère pour coordonner tous les aspects liés au changement climatique. Des groupes de travail se réunissent régulièrement. Ils comprennent le MMS, les départements responsables de la gestion de l’eau, les producteurs d’électricité, la Santé, l’Agriculture et le Tourisme ont été établis. La Water Resources Unit a commencé à faire des suivis détaillés sur l’état des nappes phréatiques. Le gouvernement a très récemment légiféré sur une politique d’atténuation liée au changement climatique.

En tant qu’Etat insulaire, Maurice compte sur des initiatives régionales pour trouver des solutions liées au changement climatique. La volonté de s’adapter existe toutefois dans plusieurs secteurs, tant gouvernementaux que privés même si, souvent, l’expertise et les moyens financiers font défaut. Maurice a en effet des atouts indéniables pour faciliter la mise en pratique de l’adaptation : le niveau de l’éducation de la population, de bonnes infrastructures, une communication bien organisée et des systèmes techniques à portée de la main.

L’appui aux initiatives sur le changement climatique est en général bien reçu par la population, les ONG et les institutions. Avant même la création d’une climate change division au Ministère de l’Environnement, le gouvernement avait déjà pris l’initiative d’assurer la sécurité alimentaire et la santé humaine. Mais les mesures prises ne sont pas spécifiquement liées au changement climatique. Cependant, quelques actions appropriée été identifiées dans les secteurs suivants :

Agriculture
-  De nouvelles variétés de cultivars devront être produites ou introduites.
-  Les régions de cultures devront être déplacées à plus haute altitude où les températures sont plus fraîches.
-  Les besoins en eau d'irrigation seront sensiblement plus importants afin de compenser l'augmentation de l'évapotranspiration, le changement dans la saison des pluies et les périodes plus sèches.
-  Les nouvelles technologies doivent être introduites (culture sous abri).
-  L'environnement des bâtiments d'élevage doit être amélioré.

Eau
-  La réduction des pertes dans le système de distribution.
-  L’identification de nouvelles sources.
-  La construction de nouveaux barrages (à Bagatelle et Réservoir des Anguilles).
-  Le traitement de l'eau pour sa réutilisation, pour répondre ainsi aux besoins d'irrigation.
-  Le dessalement de l’eau de mer.

Forêt et biodiversité
-  Tous les arbres abattus sont rapidement remplacés et les réserves sont maintenues.
-  Un contrôle strict de maladies des arbres a été mis en place.
-  Le contrôle des feux est renforcé avec l'élimination des buissons non essentiels.
-  Les espèces envahissantes sont en train d’être nettoyées.
-  Une campagne de plantation d'arbres aux bords des routes ainsi que des coins verts ont été créés dans les écoles.

Pêche
-  Des mesures protectrices devront être mises en place pour limiter les dégâts.
-  Diminution des polluants déversés dans les rivières et autres cours d’eau.
-  Consolidation des infrastructures.
-  Intensification des cultures de mangroves.
-  Encourager la culture des coraux.
-  La protection stricte de ces espèces.
-  La protection/restauration de leurs habitats (site de nidification, de nourrissage, de reproduction).
-  La mise en place de corridors écologiques pour les espèces migratrices, et
-  le renforcement des quotas de pêche (au niveau de la CTOI), de la réglementation sur certaines espèces et de certaines techniques de pêche à une période donnée (période de reproduction).

Santé
-  Une surveillance accrue des entrées dans le port et dans l’aéroport.
-  Le maintien d’un environnement propre et sain à l’intérieur des îles contribuant largement à l’adaptation.
-  Une campagne de sensibilisation de la population et la mise en place de nouvelles facilités d’analyses et de dépistage pour l’assainissement du territoire

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Documents liés à cet article
text/plain icon Etude de la vulnérabilité de Maurice aux impacts du changement climatique (2011)
text/plain icon Résumé exécutif du rapport sur l'Environnement à Maurice (2011)
text/plain icon Un brief de quelques lignes sur les dates de remise et les adresses http des communications nationales des pays de la COI.
Source : Acclimate (COI) | Asconit-Pareto
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