Océan Indien | Quand les éléphants de mer s’adaptent au changement climatique

Sale temps pour la colonie d’éléphants de mer de l’île Marion. Avec le réchauffement du climat, les eaux glaciales auxquelles ils sont habitués ont tendance à s’adoucir. Conséquence : leurs proies, adaptées à évoluer dans des eaux froides, ont tendance à prendre de la profondeur, ce qui complique les parties de chasse de ces pachydermes marins.
Un article publié le 19 février 2012 sur le site Maxisciences (consultable ici) décrit ce phénomène qu’a étudié une équipe de chercheurs du l’institut Alfred Wegener pour la recherche polaire et marine de Bremerhaven.
Les éléphants de mer peuvent plonger jusqu’à 1000 mètres de fond pour chasser calamars et poissons. Horst Bornemann, membre de cette équipe de chercheurs, explique que « en raison de l’augmentation des températures de l’eau, ces proies se déplacent vers le bas pour rejoindre de plus grandes profondeurs, et obligent les éléphants de mer à les suivre ».
Ces conclusions résultent des observations réalisées sur une trentaine de ces mammifères, que les chercheurs ont équipés d’un émetteur satellite, placé sur la tête, afin de mesurer différentes données telles que la profondeur, la température et la salinité de l’eau, la position de l’animal sous la mer. Une fois que l’animal refait surface, les données sont transmises par satellite à des institutions de recherche qui les analysent.
Les résultats indiquent qu’en plongeant plus profond, les éléphants de mer disposent de moins de temps sous l’eau pour capturer leurs proies. « Selon les analyses, un éléphant de mer femelle plongerait entre 9 et 10 mètres plus profond pour un degré celsius d’augmentation de la température de l’eau, bien que des distances allant jusqu’à 100 mètres pour chaque degré aient été observées sur quelques-uns d’entre eux », indique le communiqué de l'institut de recherche, relayé par le site Maxisciences.
Dans le prolongement de cette étude, les chercheurs essaient de savoir désormais si le fait de plonger à de telles profondeurs impacte leur capacité à se nourrir. Ils envisagent ainsi de placer des détecteurs de mouvements sur les mâchoires de certains individus afin de mesurer d’éventuelles variations de leurs habitudes alimentaires.
Bien qu’il soit trop tôt pour estimer la capacité de cette espèce à s’adapter à une augmentation des températures, on sait que la marge de manœuvre sera étroite : soit ils étendent leur territoire de chasse vers des régions plus proches de l’Antartique, soit ils plongent de plus en plus profond, au risque d’outrepasser leurs limites physiologiques, déjà quasiment atteintes.
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