Le Projet
- La subsidiarité
- Une approche intégrée et systémique
- Une gouvernance participative
- Une démarche composant avec l’incertitude
- Une analyse coût / bénéfices à renforcer
La subsidiarité
Face à l’ampleur des risques climatiques, les moyens affectés au renforcement des capacités d’adaptation au changement climatique restent encore très limités. Il est donc capital d’optimiser l’utilisation des ressources disponibles en faisant jouer le principe de subsidiarité. Le projet ne doit pas se substituer aux efforts nationaux et aux initiatives régionales en cours ou envisagés. Il doit les renforcer, en mettant en place des dispositifs d’accompagnement, ou venir en complément et cibler des actions que les États ne peuvent conduire seuls, avec suffisamment d’efficacité. Cette stratégie permettra d’avoir plus de synergie et de coordination entre les initiatives régionales qui se multiplient, tout en dotant la région d’un espace de concertation sur le changement climatique.
Une approche intégrée et systémique
La modification du climat affecte tous les secteurs du développement, qu'il s'agisse de l'agriculture, de la santé, de l'eau ou des infrastructures. Le changement climatique est encore trop souvent cantonné au secteur de l’environnement, alors qu’il a des répercussions sur l’économie, la société, l’éducation, l’information, l’égalité des genres… L’adaptation doit donc être systématiquement intégrée dans tous les programmes de développement et dans toutes les politiques sectorielles (sécurité alimentaire, pauvreté, biodiversité, gestion des risques naturels, etc.), en tenant compte des interactions constantes entre le milieu naturel et les actions anthropiques.
Une gouvernance participative
Pour l’instant, les travaux engagés (communications nationales, Plans d’Action National d’Adaptation - PANA, Comités climat nationaux) sont restés relativement confinés aux cercles d’experts et aux institutions publiques concernées. Il faut donc améliorer le niveau d’engagement public des ONG, des organisations communautaires, et surtout du secteur privé, notamment des fédérations professionnelles (tourisme, pêche, agriculture), directement touchées par la mise en œuvre des mesures d’atténuation et d’adaptation. Des démarches plus participatives (forums, conférences citoyennes...) permettront de mieux prendre en compte les spécificités insulaires et locales, et d’obtenir une meilleure appropriation des différentes actions par les populations.
Une démarche composant avec l’incertitude
Les décideurs doivent composer avec l’incertitude qui prévaut en matière de changement climatique, en s’appuyant sur des données incomplètes, sujettes à des modifications régulières. On ne peut pas en effet quantifier avec exactitude la nature et l’ampleur du changement climatique, pour des raisons liées à la représentation des processus dans les modèles (nuages, cycle du carbone, variabilité du climat), et à la réaction des milieux naturels et humains aux variations climatiques. Ces incertitudes ne doivent cependant pas servir d’alibi à l’inaction, qui risque à terme d’être beaucoup plus coûteuse. Les stratégies d’adaptation doivent donc apporter les solutions les plus robustes (c’est-à-dire susceptibles de répondre aux enjeux du changement climatique, malgré les incertitudes), en privilégiant une planification sur le long terme, révisée régulièrement sur la base des nouvelles informations disponibles.
Une analyse coût / bénéfices à renforcer
Le rapport Stern, rendu public en 2006 (télécharger), a démontré la nécessité d’agir dès aujourd’hui, car les coûts des impacts des changements climatiques seront bien supérieurs en l’absence de mesures d’adaptation. L’évaluation des coûts des solutions possibles d’adaptation et de leurs avantages (par exemple les dépenses d’indemnisation évitées), est une étape importante du processus de décision. Elle permet d’éviter les erreurs d’adaptation, de hiérarchiser les priorités et de prendre des mesures « sans regret ».
Pourtant, malgré son importance, l’analyse coût / bénéfices est encore très peu pratiquée. Elle pose de nombreux problèmes méthodologiques. Comment évaluer des biens non marchands comme la biodiversité et la santé humaine ? Comment par exemple estimer les bénéfices d’une meilleure protection des bassins versants ou des zones côtières ? Les compétences et les outils d’évaluation des mesures d’adaptation demandent donc à être considérablement renforcés et améliorés.
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