Les projets de la COI dans le domaine de la lutte contre le changement climatique

Outre le projet Acclimate (2008-2012), la COI pilote les projets suivants qui intègrent l'adaptation au changement climatique dans leurs activités.

ISLANDS

Faciliter la mise en place du "Défi côtier pour l'océan Indien occidental" afin de lutter contre le changement climatique, préserver la biodiversité et promouvoir les moyens de subsistance durables qui renforceront la résilience.

La stratégie de Maurice, adoptée par 129 pays et territoires, lors de la conférence mondiale tenue à Maurice en janvier 2005, a défini 20 champs d'intervention prioritaires pour mettre en oeuvre le Programme d'Action de la Barbade et favoriser un développement durable des Petits √Čtats Insulaires en Développement (PEID), avec l'aide de la communauté internationale.

Démarré en août 2011, le projet ISLANDS, financé par l'Union européenne, vise à développer et à rendre opérationnel un système de suivi et d'évaluation de la mise en oeuvre de la Stratégie de Maurice dans l'océan Indien, au niveau national, régional et international. Il contribue aussi à établir et à promouvoir des bonnes pratiques pour réduire les vulnérabilités des PEID.

4 thèmes phares ont été retenus pour la région :

  • L'opérationnalisation d'un dispositif régional pour la gestion et la préservation des récifs coralliens;
  • La mise en place de mécanismes de protection financière contre les risques de catastrophes naturelles et/ou climatiques;
  • Le développement de stratégies nationales pour le développement durable;
  • L'opérationnalisation du Défi côtier pour l'océan Indien occidental ou « Western Indian Ocean Coastal Challenge » (WIO-CC) afin de lutter contre le changement climatique, préserver la biodiversité et promouvoir les moyens de subsistance durables.

Le renforcement des partenariats et des capacités font également partie intégrante des champs d'intervention du projet ISLANDS, afin de trouver des financements, développer des plateformes techniques durables pour collecter et partager les bonnes pratiques, et construire une position régionale commune.

Le projet mise sur la coopération régionale et interrégionale, les échanges et les transferts de connaissances entre PEID, notamment avec les Etats insulaires des Caraïbes et du Pacifique.

Les Seychelles, précurseurs de la lutte contre le changement climatique dans la région, assurent la présidence du "Défi côtier pour l'océan indien occidental" ou « Western Indian Ocean Coastal Challenge » (WIO-CC).

En savoir plus...

IRACC

Adapter la petite agriculture au changement climatique par l'agro-écologie

Fortement tributaires des aléas climatiques et des importations de denrées alimentaires de base, les îles de la COI doivent anticiper les effets du changement climatique en matière de sécurité alimentaire, de gestion de l'eau et de préservation des sols.

Le développement d'une agriculture orientée vers la « protection et la régénération » de l'environnement naturel est donc une priorité dans la région. C'est pourquoi la COI a lancé en décembre 2010 le projet IRACC : une initiative régionale d'adaptation de la petite agriculture au changement climatique dans les îles de l'océan Indien* par la diffusion de l'agro-écologie. Ce projet est financé par le Fonds International pour le Développement Agricole (FIDA).

L'agro-écologie permet d'améliorer les rendements tout en préservant les ressources naturelles et d'adapter l'agriculture aux effets du changement climatique. Il s'agit d'une démarche qui vise à associer le développement agricole à la protection de l'environnement. Elle fait appel à un vaste ensemble de pratiques basées sur les savoir-faire des producteurs, et les expériences réussies et éprouvées des programmes et projets de développement. Elle met l'accent sur l'équilibre durable du système sol-culture et permet une réduction graduelle des apports d'intrants.

La prise en compte de cet équilibre entraine une meilleure capacité de résistance des cultures aux conditions difficiles : sécheresse, pression des ravageurs, sols appauvris. Cette approche contribue non seulement à réduire les émissions de gaz à effets de serre, mais également à maîtriser l'érosion des sols et à économiser l'eau. Elle permet ainsi aux petits agriculteurs de sécuriser leurs rendements et leurs revenus, tout en renforçant leurs compétences techniques.

Le projet IRACC contribue à promouvoir l'agro-écologie, à travers des réseaux d'information rénovés, des visites d'échanges et des stages de formation régionaux. Des plateformes et des groupes de travail ont été constitués pour coordonner les actions dans chaque pays, collecter et partager les bonnes pratiques agricoles et les itinéraires techniques éprouvés, mais aussi assurer le plaidoyer pour intégrer l'agro-écologie dans les politiques nationales et les priorités de développement des partenaires de coopération. Par ailleurs, des pôles de compétences reposant sur des expertises nationales ont été créés dans les différents pays, tandis qu'une base de données régionale en matière d'agro-écologie a été élaborée.

* Comores, Madagascar, Maurice, France/Réunion, Seychelles et Zanzibar (Tanzanie)

 

En savoir plus...

Risques naturels

Aménager un territoire - un territoire à ménager

Les îles de la COI paient un lourd tribut aux catastrophes naturelles. Madagascar est le troisième pays au monde le plus touché par les catastrophes naturelles. Alors que la compréhension des phénomènes s'est affinée et que les moyens technologiques se sont développés, le bilan des catastrophes naturelles est sans cesse plus lourd.

Au-delà du changement climatique avéré, les activités humaines et les mutations des territoires peuvent fortement aggraver les conséquences des aléas naturels. L'homme n'est plus seulement une victime à protéger; il est aussi devenu un «générateur» majeur des risques. L'information et l'éducation doivent donc être au coeur des réponses à proposer.

Le projet Risques naturels, financé par l'Agence française de Développement (AFD), a pour objectif de réduire de façon significative l'impact des catastrophes sur les sociétés et sur les économies, grâce à un cadre coordonné de coopération régionale, et à une forte implication des populations dans la recherche et la mise en oeuvre des solutions. Il s'agit d'intégrer les contraintes liées à la prévention et à la gestion des risques naturels et des catastrophes, dans le développement durable, et d'accompagner les pays de la région dans leurs politiques d'aménagement du territoire, d'éducation des populations, et d'amélioration de l'habitat et de l'hygiène.

16 actions ont été identifiées. Elles répondent aux aléas et aux cultures spécifiques de chaque pays de la COI et s'inscrivent dans toutes les étapes de la réduction des risques, depuis la prévention et la préparation à la crise, jusqu'à la gestion de la crise et la réparation.

Sur la base d'une approche «aménagement et risques», la COI veut contribuer :

  • A améliorer la connaissance des risques,
  • A renforcer les capacités nationales et régionales en matière de veille, d'alerte et de secours,
  • A développer des modes de reconstruction et de réhabilitation rapides, grâce à des ressources mobilisables en cas d'urgence (maisons d'urgence à faible coût, constitution de stocks pré-positionnés...),
  • A renforcer les structures nationales de coordination,
  • A mettre en place des mécanismes de protection financière adéquats (fonds de compensation).

Il s'agit aussi de mener des actions concrètes au plus près des populations afin de les placer au coeur du dispositif de prévention et de gestion des risques. Les actions proposées concernent par exemple le glissement de terrain de Chitrakoot à Maurice, l'érosion liée à la déforestation à Madagascar, et la modélisation du volcan du Karthala aux Comores.